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Passer de l’autre côté de l’objectif : ce que mes autoportraits m’ont appris





Une phrase entendue en formation qui a tout déclenché

Lors d’une formation, une phrase m’a profondément interpellée :

« Comment dire à ses clients que c’est facile d’être à l’aise devant l’objectif quand soi-même on évite d’y aller parce qu’on ne s’y sent pas bien ? »


Sur le moment, j’ai simplement écouté. Puis, en y repensant, cette question a continué à résonner. En effet, comment inviter quelqu’un à relâcher la pression, à accepter son image et à se sentir en confiance si l’on ne traverse jamais soi-même cette position plus inconfortable ? Comment encourager à se montrer sans avoir expérimenté ce que cela implique réellement ?


C’est ainsi qu’est née l’idée de réaliser une série d’autoportraits.

Quitter la place confortable du photographe

Être photographe, c’est souvent occuper une position rassurante. On observe, on ajuste, on dirige. On maîtrise la lumière, le cadrage et le rythme. Cependant, passer devant l’objectif change complètement la perspective.


Il n’y a plus de distance protectrice. Il n’y a plus de rôle technique derrière lequel se placer. Il y a simplement soi, face à la lumière.


Très concrètement, cela signifie aussi devoir trouver le bon angle, régler la lumière et déclencher en quelques secondes avant que le minuteur ne s’arrête… tout cela seule. Ce qui paraît fluide lorsque l’on guide quelqu’un devient soudain plus exigeant lorsqu’on doit tout gérer en même temps. Très vite, j’ai compris que l’enjeu n’était pas seulement technique, mais profondément intérieur.

auto portrait virginie derache photographe

Ce que l’on ressent vraiment face à l’appareil

Lorsque l’on se retrouve devant l’objectif, le corps réagit avant même que l’on n’y pense. La posture se modifie, le regard devient plus conscient et l’on commence à anticiper la façon dont on sera perçue. On cherche à contrôler certains détails, on hésite, on doute.


Puis, progressivement, quelque chose s’apaise. Une présence plus stable s’installe. Paradoxalement, on peut se sentir à la fois plus affirmée et plus fragile, plus ancrée tout en étant plus exposée. Cette tension entre confiance et vulnérabilité fait partie intégrante de l’expérience.

auto portrait virginie derache photographe

Une photographie n’est jamais anodine

En travaillant la lumière sur moi-même, j’ai également pris conscience d’un autre aspect. Une image n’est pas simplement un résultat visuel. Une fois créée, elle devient un fragment de nous. On y dépose quelque chose d’intime : une présence, un état, une part de ce que l’on est à cet instant précis.


Comme si la photographie contenait une trace subtile de notre intériorité. Et cela change profondément le regard que l’on porte sur ce que l’on produit et sur la responsabilité que cela implique.

Comprendre la mise à nu de mes clientes

C’est à ce moment-là que j’ai pleinement compris la difficulté que peuvent ressentir certaines futures mamans ou certains clients. Se mettre « à nu » ne signifie pas uniquement retirer un vêtement. Cela signifie accepter d’être vue, d’exposer son corps, son regard et parfois ses fragilités.


Il ne s’agit pas simplement d’esthétique. Il est question d’exposition. Et cela demande du courage.


Ce courage se manifeste également lorsque mes clientes m’autorisent à utiliser leurs images dans ma communication. Pour moi, il s’agit de montrer mon travail. Pour elles, c’est accepter que cette part intime soit visible au-delà du cercle privé. C’est s’exposer au regard extérieur et prendre le risque d’être interprétée ou jugée. Et cela est immense.

Une responsabilité différente

Depuis ces autoportraits, je ne regarde plus ces autorisations de la même manière. Ce n’est pas un simple accord administratif ; c’est un acte de confiance profond. Je mesure davantage ce que cela implique et je comprends que chaque image partagée porte en elle un morceau de quelqu’un. Cela m’engage différemment dans ma manière d’accompagner et de diffuser.

auto portrait Virginie derache photographe

Passer de l’autre côté, ce n’est pas chercher la perfection

Finalement, passer de l’autre côté de l’objectif ne signifie pas devenir parfaitement confiante. Il s’agit plutôt d’accepter l’inconfort tout en avançant malgré lui.


Aujourd’hui, je ne dis plus que c’est facile. Je dis que c’est possible. Et surtout, que l’on n’a pas à le faire seul·e.


Si vous hésitez à franchir le pas, que ce soit pour un portrait de femme, une séance maternité ou simplement pour vous réapproprier votre image, sachez que le studio est un espace pensé pour cela : un lieu où l’on prend le temps, où l’on apprivoise la lumière, et où l’on avance à votre rythme.


Parce que parfois, il suffit simplement d’oser passer de l’autre côté — et de se laisser guider.


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